Voyager à bord du transsibérien c’était un rêve pour nous. Traverser la Russie, le pays le plus grand du monde, à bord d’un train, voir les paysages défilés sous nos yeux et voir le quotidien des locaux qui l’empruntent, c’est tout une aventure ! On vous explique un peu plus en détails comment nous avons fait. 

Qu’est-ce que le transsibérien ?

Quand on dit transsibérien, on pense tout de suite à un train alors qu’en fait c’est le réseau ferroviaire qui traverse la Russie, de Moscou à Vladivostok, soit 9200 kms de rails et 7 fuseaux horaires (il y en a 24 dans le monde) ! 

Les trains reliant Moscou à Vladivostok peuvent emprunter différentes lignes avec de nombreux itinéraires secondaires. Il existe aussi le Transmongolien, reliant Moscou à Pékin en passant par la Mongolie et le Transmandchourien, empruntant le même itinéraire sans passer par la Mongolie. 

Notre itinéraire à bord du transsibérien

Avec notre visa d’un mois, nous avons décidé de faire différents arrêts : 

  • Saint-Pétersbourg pour ses sublimes monuments
  • Moscou pour sa fameuse place rouge et son kremlin
  • Kazan pour ses surprenantes mosquées et son mélange culturel 
  • Iekaterinbourg, la frontière entre l’Europe et l’Asie
  • Krasnoïarsk pour sa magnifique réserve naturelle Stolby 
  • Irkoutsk pour découvrir le lac Baïkal et l’île d’Olkhon

Ce trajet représente 88 heures de train, 5 fuseaux horaires et 5885 kms ! 

Nous avons décidé de nous arrêter à Irkoutsk pour prendre ensuite un vol vers l’Asie du Sud Est. À cause du coronavirus, les frontières entre la Mongolie et la Chine étant fermées, nous étions dans l’obligation de prendre un vol pour quitter le pays. Les vols sont beaucoup moins chers de Irkoutsk, donc le choix c’est fait comme cela 😉. 

Les billets, le budget 

Pour faire le trajet, on peut le faire en une seule fois, soit une semaine entière ! Mais si vous souhaitez faire des arrêts dans certaines villes, il faudra acheter différents billets. 

Comme dit précédemment, nous avons fait plusieurs arrêts et donc pris plusieurs billets. Pour les prendre, on peut soit les prendre 

  • en avance sur le site officiel https://pass.rzd.ru/main-pass/public/en
  • Au guichet mais attention les russes parlent très peu anglais et l’alphabet est le cyrillique ! 
  • Sur l’application Russian Railways

Nous avons choisi cette dernière option, plus pratique, on visualise très bien les wagons pour prendre ses places et pas besoin d’imprimer ses billets. Nous avons réservé à chaque fois au dernier moment nos trains, comme nous étions en hiver, les trains n’étaient pas tout le temps remplis. Pour le faire en été, on vous conseille de les prendre 3 mois à l’avance ! 

Les arrêts entre Iekaterinbourg et Krasnoïarsk

Il existe également trois types de compartiments dans les trains du Transsibérien : 

  • La 1ère classe : une cabine privative de 2 couchettes, la plus chère 
  • La 2nde classe : une cabine de 4 couchettes, deux en bas et deux en haut
  • La 3ème classe : un compartiment tout ouvert avec 54 couchettes, un immense dortoir ! 

Avec notre petit budget de voyage, c’est bien sûr la 3ème classe que nous avons choisi 😊, les prix sont beaucoup moins élevés et on peut plus facilement rencontrer les locaux. 

Voici en détails le prix par personne que nous avons payé pour chaque étape comprenant à chaque fois des draps : 

Saint-Pétersbourg – Moscou : trajet de 8h en 3ème classe, 19€
Moscou – Kazan : trajet de 12h en 2ème classe, 19€ 
Kazan – Iekaterinbourg : trajet de 14h en 3ème classe, 21€ 
Iekaterinbourg – Krasnoïarsk : trajet de 35h en 3ème classe, 47€
Krasnoïarsk – Irkoutsk : trajet de 19h en 3ème classe, 24€

Cela représente donc un total de 130€ par personne

Le quotidien à bord du transsibérien

On vous embarque avec nous pour notre trajet de 35 heures entre Iekaterinbourg et Krasnoïarsk 😁. 

Vendredi 21 février 

Il est 21 heures, direction la gare de Iekaterinbourg, notre train part à 21h50 pour Krasnoïarsk. Après un passage de sécurité dans la gare, nous repérons notre quai, ça va, les noms des villes sont en cyrillique et en anglais, ouf sauvés 😉. Nous présentons ensuite nos passeports à la responsable du wagon (appelée la provodnista) puis montons à bord du train. Avec nos sacs à dos, c’est un peu compliqué de circuler dans l’allée centrale, et puis il faut aussi éviter les pieds qui dépassent des lits, un parcours du combattant 😂 ! C’est bon, nous trouvons nos couchettes dans ce grand dortoir, nous avons les deux lits du haut. Nous sommes que tous les deux pour l’instant, c’est plus facile quand nous ne sommes pas 6 pour faire nos lits grâce aux draps que nous a donné la provodnista. Nous faisons un brin de toilette dans les deux toilettes du wagon pour 54 personnes, où il y a seulement un petit évier, pas de douche ici ! Extinction des lumières, nous montons dans nos couchettes du haut en faisant un peu de gymnastique pour y arriver, c’est très étroit ! Les pieds d’Etienne dépassent dans l’allée, il va falloir faire attention quand les passagers voudront passer… On s’endort sur les douces vibrations du train. 

Samedi 22 février

Au réveil ce matin, nous avons de nouveaux voisins sous nous, une mère et son fils qui se rendent au lac Baïkal. Certains dorment encore, d’autres mangent, lisent ou regardent simplement par la fenêtre les paysages enneigés qui défilent. Pour prendre notre petit-déjeuner, nous partageons la petite table avec nos deux voisins, il faut donc se serrer un peu. Pas d’intimité en 3ème classe, tout le monde est en pyjama 😂. On se prépare un porridge grâce à l’eau du samovar, un ballon d’eau bouillante, parfait pour les thés, cafés ou plats déshydratés. 

À bord, nous voyons aucun voyageur autour de nous. Seulement des locaux qui traversent le pays pour le travail, les études, retrouver de la famille ou encore pour des vacances, il y en a même qui ont leurs skis avec eux ! Nous arrivons à discuter avec certains comme cette jeune étudiante qui parle anglais et va voir ses parents le temps d’un week-end, elle étudie dans une autre ville.

Pendant ces 35 heures, nous avons le temps de lire, regarder des séries, se reposer ou encore écrire quelques nouveaux articles, pas de wifi par contre à bord du train. Et puis les heures passent, la femme de ménage nettoie le wagon, les passagers descendent, d’autres montent et nous changeons aussi de fuseaux horaires. Parfois, les arrêts durent 30 minutes ou un peu plus, c’est l’occasion de se dégourdir les jambes et de voir l’ambiance sur le quai. Pleins de vendeurs de harengs séchés, de chapkas, sont là à nous demander si on veut acheter ! Il y a aussi quelques stands où on peut prendre des gâteaux, nouilles déshydratées… 

C’est l’heure de remonter à bord, on en profite pour manger avant de se retrouver à 6 au prochain arrêt, on ne sait plus quelle heure il est, nous sommes décalés ! C’est reparti pour une nuit supplémentaire. 

Dimanche 23 février

C’est aujourd’hui que nous descendons à Krasnoïarsk à 11h, heure locale. On commence à avoir nos habitudes, à trouver des astuces pour ne pas se cogner dans les gens en sortant nos affaires, ou à ne pas renverser d’eau chaude en traversant le wagon ! Nous quittons nos voisins qui eux continuent encore un jour à bord du train. Une aventure incroyable.

On espère que cet article pourra aider certains dans la préparation de votre voyage en transsibérien. Pour les autres, cela vous a peut-être donné l’envie un jour de vivre aussi cette expérience inoubliable 😉


❤️ Si vous avez aimé notre article, n’hésitez pas à le partager autour de vous, et à nous laisser un commentaire 😉

3 Commentaires

  1. Super article et très belles photos 🙂 On rêve de traverser la Russie pour rejoindre la Mongolie puis la Chine par voie terrestre !

    • Twofrenchtrip Répondre

      C’était un de nos projets aussi, après la Russie continuer par la Mongolie et la Chine mais le Covid-19 en a décidé autrement ! 😉

  2. Ah je me vois déjà dans ce train, le velo dans un coin et me preparant de bonnes nouilles chinoises…
    Avez vous de belles grandes russes d’un mètre quatre vingt ? Après les suedoises c’est le délire des vieux sexagénaires….
    Merci en tout cas pour ce voyage…

Écrire un commentaire