Après une nuit pas très confortable à l’aéroport nous arrivons à 10h, heure locale, à Rapa Nui ou plus connu sous le nom mythique d’Île de Pâques. Retour sur nos 7 jours sur cette mystérieuse et fascinante île ! 

Comment y aller ? 

Nous sommes partis avec la compagnie LATAM, la seule qui dessert l’île, depuis Santiago que nous avons visité pendant 2 jours. C’est une très bonne compagnie, au petit soin tout au long du vol qui dure environ 5 heures. On a même un kit pour dormir et le repas est servi avec des couverts réutilisables ! 

Nous avons pris les billets d’avion une semaine à l’avance, et grosse surprise, ils nous ont coûté seulement 259€ aller retour par personne

Où dormir ? 

Au 23 mai 2019, 1€ = 777 pesos

Nous avons choisi l’option la moins chère, le camping ! Il y a 4 campings sur l’île, mais le camping Tipanie Moana est le moins cher. Pour tout le séjour, soit 7 nuits, nous avons payé 105 000 pesos pour deux. Cela revient donc à environ 9€ la nuit par personne. Nous avions notre équipement mais il est possible de dormir dans des emplacements avec le matériel déjà prêt. 

Le gérant, Pépé, est une adorable personne qui est toujours au petit soin ! On a même eu droit à un repas préparé par lui 😉. 

Il y a aussi la possibilité de dormir dans des cabañas, des Airbnb ou hôtel, à vous de voir selon votre budget. 

Comment se déplacer sur l’île ? 

L’île n’est pas très grande, elle a la forme d’un triangle isocèle où à chaque angle se trouve un volcan. Elle fait 23 kms dans sa plus grande longueur et 12 kms de large

Il y a beaucoup de sites à découvrir à pied depuis la ville principale, Hanga Roa

Vous pouvez aussi louer vélo, scooter, quad, balade à cheval ou voiture (Pépé propose des prix intéressants pour toute location avec l’agence Insular).

Nous avons eu la chance que Pépé nous propose de prendre son 4×4 gratuitement pendant 2 jours pour le faire tourner avant la vente du véhicule. On a donc eu juste l’essence à payer, et nous étions 5 à partager les frais ! 😁

Que faire sur l’île ? 

Située à 3760 kms des côtes chiliennes et à 4100 kms de Tahiti, l’île a été découverte en 1722 par l’amiral hollandais Jacob Roggeveen, le jour de Pâques ! Tout ceci explique cela 😉. C’est l’île la plus éloignée de toute terre habitée ! 

Ses 6000 habitants profitent d’un climat subtropical où les températures descendent rarement en-dessous de 14 degrés avec des maximales parfois proche des 40 degrés ! 

Voici notre itinéraire que nous avons fait pendant ces 7 jours sur l’île 😊. 

Balade dans Hanga Roa

Jeudi 23 mai

Après 5 heures de vol, un sandwich jamon y queso, deux films, nous atterrissons sur ce petit morceau de terre au milieu du Pacifique sur une piste qui fait toute la largeur de l’île ! En effet, la piste a été construite ainsi pour pouvoir accueillir les navettes spéciales des américains en cas de besoin… 

Nous récupérons nos sacs à dos qui sont bien remplis de nourriture car ici tout est cher dû à l’importation ! À la sortie de l’aéroport un employé du camping nous accueille et nous attend avec une pancarte indiquant nos prénoms et il nous met un collier de fleurs autour du cou 😊. Il est 10 heures et il fait déjà 24 degrés ! 

À bord d’un minivan nous arrivons au camping où Pépé, le gérant, nous accueille, nous montre les locaux et où installer la tente. On rencontre aussi deux français, Claire et Rémi, avec qui on passera les 7 jours pratiquement ensemble ! 

Avec le décalage horaire de 2h avec le Chili, les 5 heures de vol et la nuit très courte à l’aéroport, le reste de la journée est très tranquille. On se balade dans le centre d’Hanga Roa, le long du port à admirer les surfeurs et à voir nos premiers moais ! On passe aussi acheter nos tickets du parc national de Rapa Nui, 54 000 pesos par personne à payer en effectivo (cash) soit presque 70€, un sacré budget quand même 😅. 

Un peu d’histoire…

Vendredi 24 mai

La matinée est consacrée à la visite du musée anthropologique Sebastián Englert. Le musée est gratuit et est très riche d’informations sur l’histoire de Rapa Nui. 

La civilisation pascouane est l’une des civilisations les plus mystérieuses du monde car quasiment toute la connaissance était transmise de façon orale. Une théorie évoque un peuple polynésien, venu des îles Marquises en pirogue entre 300 et 800 après JC, qui aurait migré et débarqué sur Rapa Nui. C’est ce qu’on appelle la phase de peuplement

Viens ensuite la phase Ahu Moai, où entre 1000 et 1680 sont construites et édifiées les fameuses grandes statues, les Moais. Ces statues avaient pour but de personnifier les ancêtres de chaque tribu et de protéger les descendants des tribus. Ces Moais sont tous différents : taille, forme, avec ou sans Pukao (chapeau)… mais ils étaient érigés sur un Ahu, une plateforme cérémonielle. Il y a près de 890 Moais sur l’île ! 

Puis il y a eu la phase Huri Moai où de grands conflits éclatèrent entre les différentes lignées : les Moais sont renversés ! Le culte de l’homme-oiseau prend place. Ce nouveau culte donnait accès à une fonction prestigieuse. Tous les ans entre août et septembre, chaque tribu désignait un serviteur. Celui-ci devait obtenir le premier œuf du Manutara (sorte de mouette) pondu sur l’îlot Motu Nui. Pour corser le tout, il devait nager 1,4 kms jusqu’à l’îlot en luttant contre les courants violents, les requins et devait ensuite escalader la falaise haute de près de 300 mètres ! Si un serviteur réussissait après toutes ces épreuves, il était désigné Tangata-Manu, homme-oiseau. Il se rasait la tête, les cils et sourcils et vivait ensuite en reclus toute l’année dans une maison sacrée. La récompense ultime était le statut de demi-dieu ! 

En 1722, l’île est découverte. Puis un siècle plus tard, la civilisation s’éteint progressivement due aux maladies et bactéries amenés par les conquistadors qui auraient réduits la population restante en esclavage. En 1871 il ne reste plus que 111 habitants ! Le début du XXe siècle est marqué par un élevage intensif de moutons géré par les britanniques qui exploitent l’île jusqu’en 1953. Ces anglais empêchaient même les Rapa Nui de sortir du village ! Puis en 1967, le Chili reprend le contrôle de l’île, construit un aéroport, distribue l’électricité, eau sur toute l’île. Aujourd’hui Rapa Nui vit principalement du tourisme et a été déclaré Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1995. 

Découverte des grottes

Après cette visite très intéressante du musée, nous continuons notre chemin en longeant la côte. Et là nous n’avons pas un chien, mais 4 chiens qui nous suivent et nous suivront jusqu’en fin d’après-midi ! Ça va, ils sont très gentils et veulent seulement nous croquer les mollets un peu de compagnie 😉.

Nous passons par différents sites dont beaucoup de grottes (Etienne se trouve une nouvelle passion pour l’exploration de ces grottes 😅) : Ana Te Pora et Ana Kakenga où au bout de 30 mètres à marcher grâce à la lampe frontale, nous arrivons sur deux ouvertures à flanc de falaise qui offrent une superbe vue sur le Pacifique. On tombe aussi un peu par hasard, sur la plus grande grotte de l’île avec une grande hauteur de plafond : la grotte Ana Te Pahu. Elle est impressionnante ! C’est un ancien tunnel de lave formé pendant une éruption de plusieurs centaines de mètres de long. À certains endroits elle a même des puits de lumière où des bananiers poussent. Elle servait de stockage d’eau pour les habitants qui vivaient dedans. Attention par contre à la tête, car le plafond n’est pas toujours très haut 😅. 

Nous retournons ensuite par les terres pour rentrer au camping. On passe par des champs de goyaviers ! On en ramasse discrètement quelques-unes 😉. Une Rapa Nui, professeur des écoles, nous propose même de monter dans sa voiture pour nous ramener dans le centre ! On accepte volontiers et ouf c’est bon les chiens ne nous suivent plus 😂. 

Dans le centre d’Hanga Roa, nous arrivons pendant le marché aux poissons. D’énormes thons sont là prêts à être découpés !

Nous passons la soirée au camping avec Claire et Rémi. 

La pointe Sud de l’île 

Samedi 25 mai

Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Etienne, 27 ans 😁. Nous prenons le petit-déjeuner tranquillement au camping avant de recevoir des appels de la famille. Etienne reçoit même un collier avec un petit Moai par Pépé 😉. 

Nous partons vers la pointe sud de l’île, vers le volcan Rano Kau. Nous arrivons sur le site d’Ana Kai Tangata, une grotte de lave géante ouverte sur une baie. La grotte abrite quelques peintures avec des pigments blanc et ocre mais ces dernières s’effacent au fil du temps. Par contre, les vagues ici sont immenses, c’est impressionnant !

S’en suit ensuite 3 kms de montée jusqu’au cratère du volcan Rano Kau. On passe par des chemins remplis de fleurs, dont des fleurs jaunes avec des cosses similaires à des petits pois, l’arbre Toromiro ! Il y a aussi beaucoup de libellules 😊. 

Arrivés en haut, le temps se couvre un peu mais nous avons quand même une superbe vue sur l’intérieur du volcan mais aussi sur l’île de Pâques. On se pose pas très loin pour déjeuner. Nous mettons nos K-way et 10 minutes après alors qu’on essaie d’arriver au village Orongo, nous sommes trempés 😂. Il pleut très fort mais l’eau est chaude ! On se met vite à l’abri pour sécher un peu… La pluie s’est arrêtée mais nous sommes maintenant dans le brouillard. On fera la visite du village plus tard car les guides décident de le fermer. 

Nous rentrons au camping grâce à deux jeunes qui nous prennent en stop. On fait sécher tous nos vêtements et c’est l’heure du goûter avec Claire et Rémi 😊. On leur apprend à jouer à la Escoba, ils adorent ça ! 

Le soir, nous passons la soirée avec une famille argentine, où les grands-parents nous préparent des sopapillas, des tortillas de farine de blé frites dans de l’huile. Avec du manjar (ou dulce de leche), c’est délicieux ! 

Des Moais et ascension d’un volcan 

Dimanche 26 mai

Au petit-déjeuner, nous décidons de partir ensemble avec Claire et Rémi pour visiter le nord de l’île. 

À la sortie de la ville, nous sommes pris en stop, ce qui nous fait bien avancer ! Les paysages ont bien changé, des champs à perte de vue. 

Nous arrivons sur le site Ahu Akivi, où 7 moais sont alignés et les seuls de l’île à être dirigés vers la mer et dans l’axe du coucher de soleil. Cette position servait aux prêtres pour fixer le calendrier de l’année.

Nous continuons jusqu’au volcan Terevaka, le point culminant de l’île avec ces 511 mètres. On a une superbe vue et on arrive même à voir la mer tout autour de nous ! L’endroit est idéal pour la pause pique-nique. 

Puis, nous prenons la direction de la grotte Ana Te Pahu pour la faire découvrir à Claire et Rémi. On part dans d’autres expéditions de grottes, les gars adorent ça ! Nous rentrons au camping, toujours grâce au stop, et nous passons la soirée autour d’un apéro à jouer à la Escoba. 

En voiture, à la découverte des Moais

Lundi 27 mai

En se levant, nous pensions découvrir le sud de l’île en faisant du stop. Mais grâce à Pépé nous aurons une voiture 😁. En effet, le propriétaire du camping vend une vieille voiture et il veut la faire rouler avant. Nous montons à bord avec Claire, Rémi et Nicole, une chilienne du camping et c’est parti pour faire un grand tour de l’île ! On commence juste à rouler, et la voiture fume beaucoup, on nous repère de loin 😅. 

Nous commençons par le site Ahu Vinapu où les moais ont été renversés face contre terre lors des guerres de clans au 17e siècle. On peut le voir aussi sur d’autres lieux comme Ahu Hanga Poukura et Ahu Akahanga.

À présent, nous nous dirigeons vers Rano Raraku. C’est le nom du volcan qui a servi de carrière pour la fabrication de presque tous les Moais sur l’île. Un vrai coup de cœur ! Il y a des Moais partout, en entier, tombé, en cours de construction, certains on ne voit que leur nez qui dépasse. Sous nos yeux, des centaines de Moais qui n’ont pas été transportés jusqu’à leurs plateformes ! Dans le cratère du volcan aussi se trouve des Moais. Incroyable ! 

Nous reprenons la route pour pique-niquer devant le site le plus connu de l’île : Tongariki. En effet, c’est ici que 15 Moais trônent fièrement sur un ahu, tournant le dos à l’océan. Toutes les statues ont des tailles différentes, avec un Moai qui porte un Pukao, le chapeau. En 1960, un tsunami a déplacé certaines statues jusqu’à plus de 100 mètres à l’intérieur des terres. Un japonais a pris l’initiative avec son argent de payer les réparations, pour être replacées et restaurées. 

Plus loin, se situe le site Papa Vaka où il y a des pétroglyphes gravés sur des rochers. 

Le Moai érigé le plus grand qui est maintenant tombé, se trouve sur le site Ahu Te Pito Kura. Il mesurait 9,80 mètres ! Sur le même site on peut voir des pierres magnétiques. Certaines personnes essaient de ressentir l’énergie des pierres, on essaie aussi… mais rien ! 

Dernière étape de la journée, les plages Avakena et Ovahe. La première est une grande plage au sable blanc, avec des palmiers et des Moais. Elle est donc très touristique ! L’autre est beaucoup plus petite, plus isolée, une crique très sauvage.  

Nous rentrons au camping puis nous terminons cette superbe journée au restaurant dans le village pour fêter l’anniversaire d’Etienne. Au menu, jus de goyave et bière (devinez qui a pris quoi…) et thon à la plancha, délicieux 😉 .

Lever de soleil et spectacle de danse

Mardi 28 mai

Ce matin, réveil tôt car Pépé nous a encore prêté sa voiture. On en a donc profité pour aller admirer le lever de soleil sur le site des 15 Moais. Moment magique ❤. 

Nous retournons également à la plage Ovahe pour la voir cette fois-ci sous le soleil. 

En retournant au camping, car Pépé a besoin de sa voiture, nous faisons le plein de l’essence. La voiture nous aura seulement coûté 7000 pesos par personne pour deux jours ! Rémi nous dépose au volcan Rana Kau pour qu’on puisse visiter le village Orongo. Avec le pass, ce site n’est accessible qu’une seule fois. C’est ici que se déroulait la cérémonie de l’homme-oiseau. Il reste 53 petites maisons, certaines ont encore des pétroglyphes. Nous avons une superbe vue sur le cratère du volcan Rana Kau mais aussi sur les petites îles autour. 

Nous rentrons à pied au camping où on se pose au soleil avant de manger. 

L’après-midi nous partons pour notre première baignade dans l’Océan Pacifique avec Claire et Rémi ! Eh bien, elle n’est pas très chaude 😅. 

Puis, le soir nous assistons à un spectacle de chant, danse traditionnelle dans le centre d’Hanga Roa. Le show est génial ! On a beaucoup aimé 😊. 

La carrière aux chapeaux

Mercredi 29 mai

Le stop fonctionne plutôt bien ici car on est pris rapidement ce matin pour aller sur le site Puna Pau. C’est ici qu’était prélevée la scorie, une pierre rouge volcanique, utilisée pour la coiffure et le chignon des Moais, qu’on appelait Pukao. Il en reste 20 sur le site. On a une superbe vue sur la ville et sur les volcans autour. 

En reprenant le stop, on s’arrête grâce à un couple québécois sur le site Ahu Huri A Urenga, là où il y a un Moaï qui a 4 mains !

Nous passons l’après-midi à ranger nos affaires, à se balader dans le village entre deux averses. 

Notre dernière soirée sera en compagnie de Claire, Rémi, Perrine et Axel, deux autres français. On prépare avec Pépé le repas du soir : du poisson, riz, pomme de terre et salade. Délicieux ! 

Le départ 

Jeudi 30 mai

Ça y est, après une semaine passée sur l’île de Pâques, c’est l’heure de retourner sur le continent. Nous rangeons toutes nos affaires, avant de prendre un minibus pour l’aéroport. Dans ce sens, il est interdit de ramener des fruits et légumes sur le continent. Nous disons au revoir à Pépé et on monte dans l’avion. Le retour est un peu plus rapide, environ 4 heures. Nous arrivons à Santiago vers 18 heures, heure locale. On récupère nos sacs et on reprend immédiatement un bus pour Valparaiso, prochaine étape. 

Ce séjour sur l’île de Pâques est vraiment passé vite mais nous avons bien eu le temps de la visiter ! Les paysages sont magnifiques et les habitants hyper gentils, on a adoré. En route pour découvrir une ville très colorée, Valparaiso. 

3 Commentaires

  1. Bonjour à vous deux. Bon anniversaire Étienne,on dirait que le pub O’Connell ne te manque pas ?🍻

  2. Vos photos sont vraiment sublimes ! Un endroit magique pour fêter ses 27 ans 😉 bisous à tous les deux

    • Twofrenchtrip Répondre

      Merci 🙂 Oui c’est toujours sympa de fêter son anniversaire à l’étranger, surtout sur l’île de Pâques 😉

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